Prélude
Du développement, il a beaucoup été question depuis un demi-siècle. Qu’il se fût agi de s’en prévaloir ou de le brandir comme étendard, de le revendiquer où de tenter de le domestiquer, le sacerdoce du développement économique a fini par réaliser le syncrétisme auquel aucune idéologie, aucune religion, aucune doctrine avant lui n’aurait rêvé atteindre. Focalisant l’attention du savant comme du politique, du théoricien comme du décideur, le grand œuvre du développement a été hypostasié, indépendamment de la Biosphère d’où il tire sa substance. Une telle réification n’est-elle pas, pourtant, mystificatrice ?
Certaines formations sociales se flattant de leur développement ou de leur progrès alors que, simultanément, d’autres se morfondent dans leur sous-développement ou leur archaïsme, la perplexité n’a de cesse de gagner. Car, en dépit des signes extérieurs de richesse et de confort matériel affichés par l’être humain, où d’aucuns croient déceler hâtivement une dynamique conquérante de développement, maints autres indices inciteraient plutôt à s’enquérir de l’état de santé réel de l’Humanité, comme de l’équilibre de la Nature, dans la mesure où une profonde interaction anime le processus de développement et la qualité sanitaire. La question qui s’impose alors est de savoir si l’Huma continuera à administrer prosaïquement un développement économique discriminatoire ou si un accès de lyrisme l’amènera à repenser son développement. Aussi, le moment semble venu où la philosophie devrait se considérer sollicitée pour conceptualiser les conditions de possibilité sociohistorique d’un nouveau développement.
Une reconsidération archéologique des relations du sanitaire et du sociétaire peut-elle y contribuer ? Avant que d’en entamer le périple, quelques prolégomènes s’avèrent indispensables à cette expédition.
THESE DE DOCTORAT D’ETAT EN SCIENCES ECONOMIQUES Mohamed Azzeddine MEKOUAR
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