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 Deuxième prospection

Toute expérience mentale issue d’un réel conflictuel et intolérable invente, à partir de cette situation même, un ordre idéel différent et salutaire. En ce sens, serait-elle fiction que toute utopie semble fondamentalement positive. Si l’utopie aujourd’hui n’est plus, ce n’est pas parce que, idéellement, elle n’a pas lieu d’être mais parce que, réellement, elle n’a pas de lieu pour être. Dès lors, il s’agit de réhabiliter l’utopie, non comme prétention à une conception démiurgique de l’histoire ou au règne irénique de la démocratie, mais comme antidote au désenchantement que véhicule la dictature du marché. Loin du discrédit où l’a rabaissé l’action politique totalitaire, l’utopie est une société idéale possible avec des moyens humains, sans l’arrière-plan d’une providence divine ou l’hypothèse d’une nature humaine généreuse. Dès le moment où l’histoire n’est pas immuable, l’utopie, causalité sociale, devient une contrainte nécessaire. Lieu indécidable où s’entrecroisent philosophie, science, art et politique, elle représente la capacité de se projeter dans un état non-actuel des choses. Alliance entre esprit critique et imagination, entre éthique et responsabilité, indissociables, elle anticipe le cours de l’histoire. Par conséquent, l’utopie contient ses parts inséparables d’idéalisme et de réalisme. Ainsi en est-il de celle qu’une prospection souterraine des interactions du sanitaire et du sociétaire laisserait entrevoir.

Lorsque l’être humain, acteur et finalité du développement, agit en vue de satisfaire aux exigences d’une cosmogonie mêlant intimement le devenir de l’humanité et de la nature, il œuvre en même temps à améliorer sa condition, avide de nourritures matérielles autant que spirituelles, et à protéger sa niche écologique, en tant que patrimoine en soi et condition de sa propre survie. Un tel dessein, c’est précisément l’idéal prôné par le concept de droits humains . Se situant au-delà des querelles idéologiques classiques, ayant vocation à l’universalité, il peut constituer le soubassement philosophique d’un développement soutenable, faiblement ou non-entropique, en vertu duquel la dynamique sociétaire et la qualité sanitaire s’interpénètrent. En ce sens, droit humain, développement durable et sanité interagissent dialectiquement, une synergie idéaliste (troisième exploration) dont le caractère éminemment utopique n‘est pas dénué de réalisme (quatrième exploration).


THESE DE DOCTORAT D’ETAT EN SCIENCES ECONOMIQUES Mohamed Azzeddine MEKOUAR

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